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vautours

Dans son œuvre, Tex Avery va rendre explicites trois choses : la violence, la sexualité et la relation qu'entretiennent ces deux aspects essentiels de la vie humaine.

A l'exception du monde Disney, la violence est bien évidemment présente dans tous les cartoons de l'époque, mais de façon décalée, édulcorée. Le système d'opposition entre personnages, les courses poursuites traditionnelles restent soft. Les personnages de dessin animé sont immortels, inoxydables et il est possible de tout leur faire subir, mais Tex Avery va être le premier a pousser aussi loin ce principe. Même si cela reste symbolique, le but est bien de détruire physiquement l'autre, et pas seulement de lui échapper en lui faisant des niches.

La quintessence de cette approche doit être trouvée dans le splendide et souvent détesté What's Buzzin' Buzzard de 1943. Manger ou être mangé ? Le thème est classique dans le cartoon américain mais Avery va le pousser aussi loin qu'il est possible. Dès lors, les deux busards affamés ne voient en l'autre que l'obstacle à détruire et peu importe la cruauté et le sadisme de leurs tentatives... Tex Avery disait que ce cartoon faisait vomir Fred Quimby à chaque fois qu'il le visionnait et ce n'est pas très étonnant. Outre l'humour très particulier du film, il y a là une profonde intuition sur les données de la violence.

avery Les cinq films mettant en scène le Squirrel prolongeront, à leur façon paroxystique, cette thématique de la violence pour rien. Je vous renvoie à l'analyse du Squirrel. Mais c'est curieusement un film où la violence physique est très peu présente qui est le vrai prolongement de What's Buzzin' Buzzard. Je veux parler de King Size Canari (1947).

Dans ce célébrissime cartoon, un chat affamé met la main sur une souris, qu'il épargne, après que celle-ci lui ait indiqué le canari. Piètre proie, qu'il décide de faire grandir grâce à une bouteille d'engrais. Le film va consister à montrer la rivalité de chacun des personnages (le canari faisant appel à un chien, le chat étant sauvé par la souris) qui passent leur temps à une seule chose : grossir plus que l'autre afin de retourner la menace qui pèse sur eux. C'est à la fois très drôle, étrangement intuitif (il n'y a pas besoin d'une violence réelle de l'un sur l'autre pour que le processus visant à être toujours plus gros s'enclenche : la peur de l'autre est suffisante) et, curieusement, terriblement pessimiste.



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