
Dans son œuvre, Tex Avery
va rendre explicites trois choses : la violence, la sexualité et
la relation qu'entretiennent ces deux aspects essentiels de la
vie humaine.
Les cinq films mettant en scène le
Squirrel prolongeront, à leur façon paroxystique, cette
thématique de la violence pour rien. Je vous renvoie à
l'analyse du Squirrel. Mais c'est
curieusement un film où la violence physique est très peu présente
qui est le vrai prolongement de What's Buzzin' Buzzard. Je
veux parler de King Size Canari (1947).Dans ce célébrissime cartoon, un chat affamé met la main sur une souris, qu'il épargne, après que celle-ci lui ait indiqué le canari. Piètre proie, qu'il décide de faire grandir grâce à une bouteille d'engrais. Le film va consister à montrer la rivalité de chacun des personnages (le canari faisant appel à un chien, le chat étant sauvé par la souris) qui passent leur temps à une seule chose : grossir plus que l'autre afin de retourner la menace qui pèse sur eux. C'est à la fois très drôle, étrangement intuitif (il n'y a pas besoin d'une violence réelle de l'un sur l'autre pour que le processus visant à être toujours plus gros s'enclenche : la peur de l'autre est suffisante) et, curieusement, terriblement pessimiste.
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